Tout d'abord, des observations plus approfondies nous ont permis de déterminer le nombre de fragments : ils étaient 21 et ont les nomma chacun par une lettre de l'alphabet.
Tous les télescopes et caméras du monde entier sont braqués sur la comète pour immortaliser l'évènement. C'était la première fois que l'on observait la collision de deux astres dans notre système solaire. Cette collision avec Jupiter est la plus formidable catastrophe sidérale jamais observée d'aussi près.
Lors de la collision, Jupiter serait à environ 770 millions de kilomètres (480.000.000 milles) de la Terre , ainsi il serait difficile de voir les effets depuis la Terre. En outre, les fragments de comète n'affecteront pas Jupiter dans son ensemble. On peut comparer cette collision à 21 aiguilles que l'on planterait dans une pomme, les effets ne seront que superficiels et très localisés, l'ensemble ne sera pas vraiment modifié.
D'après les calculs effectués avant la collision, les fragments devaient disparaître 5 a 15 secondes avant l'impact, les rendant inobservables depuis la Terre. Les derniers fragments entant en collision avec Jupiter seront les plus observables car disparaîtront moins longtemps avant l'impact. Le fragment W disparaîtra seulement 5 secondes avant impact. En outre, l'explosion devait être visible depuis la Terre si les débris montaient à seulement quelques 100 Km de hauteur.
Or, les simulations pour des fragments de 2 à 4 kilomètres indiquaient le nuage de débris résultant de l'impact s'élèverait à des centaines de kilomètres au-dessus des nuages jupitériens, et refléterait la lumière du soleil dans les minutes suivant l'impact. L'étude de ce nuage permettrait d'obtenir des données concernant la taille du fragment et il était possible que s'il était assez grand et lumineux, il pourrait être observé par les amateurs.
Les prévisions suivantes sont basées sur des simulations pour des fragments de 1 kilomètre: chaque fragment de comète traversera l'atmosphère du Jupiter à une vitesse de 60 Km/s. À une altitude de 100 kilomètres au-dessus des nuages, les forces aérodynamiques morcelleront le fragment. Cinq secondes après son entrée dans l'atmosphère, le fragment de comète aura une énergie cinétique équivalente à environ 200.000 mégatonnes de TNT et disparaîtra à 100- 150 kilomètres au-dessous de la couche de nuage. De plus grands fragments auront plus d'énergie et disparaîtraient plus profondément.
Le gaz chauffé à 30.000 K résultant de l'impact d'une comète d'un Km éclatera, formant une boule de feu semblable à une explosion nucléaire, mais en beaucoup plus grand. La boule de feu continuera à monter, atteignant une taille de peut-être 1000 kilomètres avant de retomber, et s'étendra au-dessus de la stratosphère à un rayon de 2000- 3000 kilomètres du point d'impact. La boule de feu sera quelque peu rouge, avec une température caractéristique 2000 K - 4000 K. Pratiquement tout le matériel cométaire s'élèvera derrière l'onde de choc à une altitude de 300 kilomètres au-dessus des nuages mais ne sera pas directement observable.
Pendant ce temps, l'onde de choc se déplaçant de bas en haut chauffera les nuages locaux, les faisant s'élever dans la stratosphère. Ceci permettra à des spectrophotomètres d'essayer de les étudier directement, une occasion unique de confirmer des théories sur la composition des nuages jupitériens. En outre, le choc pourrait provoquer des vagues séismiques (semblables à ceux des tremblements de terre terrestres) qui pourraient être détectés dans une grande partie de la planète par les télescopes infrarouges les unes ou deux premières heures après chaque impact.
Les queues émanant des plus gros fragments affecteront également Jupiter. En effet, l'injection de la poussière dans le système jupitérien peut avoir plusieurs conséquences. D'abord, la poussière absorbera plusieurs des particules qui produisent actuellement les émissions radio dans la magnétosphère jupitérienne. En second lieu, la poussière peut former un deuxième anneau fin autour de la planète.